Paradoxe de Goodman
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Le paradoxe de Goodman, ou paradoxe du « vleu-bert », ou encore paradoxe de l'émeraude « vleue » est énoncé par Nelson Goodman en 1946, puis repris en 1955 dans son ouvrage Faits, fictions et prévisions (en). Ce paradoxe est un approfondissement du paradoxe de Hempel. Il a beaucoup contribué à alimenter le débat autour de l'induction. Il a notamment été étudié par Yael Cohen, Alfred Ayer, Nathan Stemmer, Lin Chao-Tien et Satoshi Watanabe (en) dans son livre Knowing and guessing. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
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À retenir
Questions essentielles
Qu’est-ce que le paradoxe de Goodman ?
Le paradoxe de Goodman, ou paradoxe du « vleu-bert », ou encore paradoxe de l'émeraude « vleue » est énoncé par Nelson Goodman en 1946, puis repris en 1955 dans son ouvrage Faits, fictions et prévisions (en). Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
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Lire « Présentation » dans le texte →Énoncé
Goodman inventa l'adjectif « vleu » (« grue » en anglais) signifiant: Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Lire « Énoncé » dans le texte →Remarques préliminaires
Il est malheureusement difficile de trouver un exposé suffisamment clair et précis de la question dans la littérature. De nombreux auteurs rapportent ce paradoxe en choisissant arbitrairement une date future pour t. Par exemple, Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Lire « Remarques préliminaires » dans le texte →Solutions proposées
Les réseaux bayésiens permettent de modéliser le paradoxe en ouvrant les probabilités a priori sous-jacentes. La probabilité qu'une émeraude soit verte et le reste dépend de deux choses : le nombre d'émeraudes observées et la probabilité qu'un minéral d'une… Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Lire « Solutions proposées » dans le texte →Considérations philosophiques
Hume puis Goodman avancèrent que nous justifions nos inductions par « la coutume et l'habitude ». Celles-ci nous portent à préférer « vert » plutôt que « vleu ». La plus grande partie du débat porte alors sur la question de savoir si les termes « vleu » et «… Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
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Le texte et ses détails
Présentation
Le paradoxe de Goodman, ou paradoxe du « vleu-bert », ou encore paradoxe de l'émeraude « vleue » est énoncé par Nelson Goodman en 1946, puis repris en 1955 dans son ouvrage Faits, fictions et prévisions (en). Ce paradoxe est un approfondissement du paradoxe de Hempel. Il a beaucoup contribué à alimenter le débat autour de l'induction. Il a notamment été étudié par Yael Cohen, Alfred Ayer, Nathan Stemmer, Lin Chao-Tien et Satoshi Watanabe (en) dans son livre Knowing and guessing. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Énoncé
Goodman inventa l'adjectif « vleu » (« grue » en anglais) signifiant[1]: Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
« observé avant une certaine date t et vert ou pas observé avant t et bleu. » Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Par symétrie, on peut considérer l'adjectif « bert » (« bleen » en anglais) signifiant « observé avant une certaine date t et bleu ou pas observé avant t et vert ». Goodman avance alors que si l'observation d'une émeraude verte étaye l'induction logique que « toutes les émeraudes sont vertes », elle étaye de la même manière l'affirmation que « toutes les émeraudes sont vleues ». Il est donc paradoxal que nous soyons prompts à accepter la première affirmation, et non la seconde. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Remarques préliminaires
Il est malheureusement difficile de trouver un exposé suffisamment clair et précis de la question dans la littérature. De nombreux auteurs rapportent ce paradoxe en choisissant arbitrairement une date future pour t. Par exemple, Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
« vert jusqu'au 31 décembre 2999 à minuit, et bleu ensuite. » Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Toutefois l'emploi d'une date prédéfinie (et non d'une durée) a son importance pour le physicien. Celui-ci peut alors argumenter que la probabilité d'un événement à une date prédéfinie est nulle. Par conséquent, la possibilité d'existence d'un objet vleu devient nulle également[pas clair]. Il faut alors plutôt formuler par exemple Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
« vert avant l'an 3000, devient rapidement bleu ensuite. » Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Pour la physique, cette dernière définition est radicalement différente de la définition initiale. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Par ailleurs, le sens de « toutes les émeraudes sont vertes » est ambigu car cette phrase a deux interprétations : Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
- « toutes les émeraudes sont vertes maintenant » ; Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
- « toutes les émeraudes sont vertes de tout temps ». Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Il est crucial de remarquer que l'observation de la totalité des émeraudes ne permet d'induire aucune de ces deux possibilités. Pourtant on induira aisément que « toutes les émeraudes sont vertes ». Ce nouveau paradoxe montre le caractère vain d'une discussion hors d'un cadre formel. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Solutions proposées
Les réseaux bayésiens permettent de modéliser le paradoxe en ouvrant les probabilités a priori sous-jacentes. La probabilité qu'une émeraude soit verte et le reste dépend de deux choses : le nombre d'émeraudes observées et la probabilité qu'un minéral d'une couleur donnée le reste. La probabilité qu'une émeraude soit vleue dépend de la stabilité observée de la couleur des minéraux dans le monde considéré. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Considérations philosophiques
Hume puis Goodman avancèrent que nous justifions nos inductions par « la coutume et l'habitude »[2],[3]. Celles-ci nous portent à préférer « vert » plutôt que « vleu ». La plus grande partie du débat porte alors sur la question de savoir si les termes « vleu » et « bert » sont assignables, c'est-à-dire, s'il est légitime de les prendre en considération. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Goodman et Yael Cohen raisonnèrent sur une expérience de pensée anthropologique d'un monde dual où une tribu, possédant les mots familiers « vleu » et « bert », considérerait les mots « bleu » et « vert ». (Voir aussi Le Cru et le Cuit). Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Considérations épistémologiques et physiques
- Le débat philosophique autour de l'induction omet que l'extrapolation n'est pas affaire que d'induction, mais d'un mouvement permanent entre induction et déduction : nous observons peu d'objets *minéraux* qui changent de couleur à une date précise et en induisons que le phénomène est rarissime. S'il est rarissime, nous en déduisons que le changement de couleur de ce type de gemme à une date donnée le sera aussi jusqu'à plus ample informé[réf. nécessaire]. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
- Le degré de confiance que nous mettons dans la proposition « toutes les émeraudes sont vertes » ne dépend pas seulement d'un nombre d'observations d'émeraudes vertes (voir Paradoxe de Hempel), ni du nombre de minéraux changeant rarement de couleur. La question relève aussi de la physique. Pourquoi pouvons-nous affirmer, induire ou encore avancer que « toutes les émeraudes sont vertes » ? Pourquoi nous ne pouvons pas induire que « toutes les émeraudes sont vleues » ? Parce que le changement de couleur d'une émeraude nécessite un agent du changement, et qu'on n'en voit guère qui serait coordonné au calendrier[réf. nécessaire]. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Puisque nous ne disposons d'aucun argument prouvant ou réfutant le caractère vleu de chaque émeraude, le rasoir d'Occam plaide pour la priorité à « toutes les émeraudes sont vertes »[réf. nécessaire]. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Une hypothèse importante (induite) de la physique est l'intemporalité de ses lois : les lois fondamentales de la structure des matériaux (notamment des émeraudes) sont supposées connues, car confortées : Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
- par un nombre important d'expériences en cristallographie, Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
- par une théorie sous-jacente ayant elle-même permis d'établir des faits nouveaux avant expérimentation Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Le fait que toutes les émeraudes soient vertes confirme aussi qu’elles sont « vleues », car quelle certitude avons-nous sur la couleur des émeraudes au XXXe siècle ? Seront-elles bleues ou resteront-elles vertes ? Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Pour établir un modèle du monde, nous devons admettre la stabilité de nos observations, au risque de nous tromper parfois, comme en dénigrant jadis le concept alchimique de transmutation, vérifié pourtant dans le phénomène de la désintégration radioactive. Pour disposer d'un système du monde fiable, perméable à une compréhension logique, on ne peut accepter l'idée d'un changement imprévisible où il faudrait alors s'en remettre aux dés, comme dans la Babylone de Borges. Au contraire, la science cherche à réduire la part du hasard et à développer des conceptions reproductibles : « La science sera déterministe ou ne sera pas » (Henri Poincaré). L'intérêt des paradoxes de Goodman et de Hempel déborde le cadre de l'épistémologie, pour confiner à la physique[pas clair], car il existe un double parallèle frappant entre d'une part le paradoxe de Hempel sur des « variétés » exotiques de corbeaux et le concept d'isotopes des éléments chimiques et, d'autre part, entre le paradoxe de Goodman sur la variabilité inopinée des choses et la transmutation des éléments, qu'elle soit spontanée, par radioactivité naturelle, ou sous l'effet d'un artefact, dans la radioactivité artificielle. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
La radioactivité semble déroger au rasoir d'Occam : si la plupart des éléments restent indéfiniment ce qu'ils sont (aux transformations chimiques près), certains éléments (les isotopes radioactifs) changent soudain de nature, par désintégration radioactive, comme l'hypothétique émeraude « vleue » de Goodman changerait inopinément de couleur. Cette analogie entre les paradoxes de Hempel (existence d'isotopes, « variétés » discrètes des éléments) et de Goodman (transmutation spontanée des éléments) est intéressante à remarquer parce qu'elle permet de voir, rétrospectivement, qu'on aurait pu envisager et l'existence des isotopes et celle de la radioactivité d'un point de vue théorique, avant même leur découverte concrète, si ces deux paradoxes sur la connaissance des choses avaient été conçus plus tôt et avaient été appliqués à la nature de la matière. Cité dans Le Trésor des paradoxes, Samuel Butler[Lequel ?] résume ce paradoxe de « l'incertitude de toute certitude » dans la connaissance (ou de la certitude d'incertitude) : « On ne peut être sûr de rien, ni même du fait qu’on ne peut être sûr de rien »[Où ?]. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Notes et références
- Colin Howson et Peter Urbach, Scientific Reasoning: The Bayesian Approach, La Salle, Illinois, Open Court, 1989 Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
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Le paradoxe de Goodman, ou paradoxe du « vleu-bert », ou encore paradoxe de l'émeraude « vleue » est énoncé par Nelson Goodman en 1946, puis repris en 1955 dans son ouvrage Faits, fictions et prévisions (en).
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Le paradoxe de Goodman, ou paradoxe du « vleu-bert », ou encore paradoxe de l'émeraude « vleue » est énoncé par Nelson Goodman en 1946, puis repris en 1955 dans son ouvrage Faits, fictions et prévisions (en). Ce paradoxe est un approfondissement du paradoxe de Hempel. Il a beaucoup contribué à alimenter le débat autour de l'induction. Il a notamment été étudié par Yael Cohen, Alfred Ayer, Nathan Stemmer, Lin Chao-Tie…
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Goodman inventa l'adjectif « vleu » (« grue » en anglais) signifiant:
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« observé avant une certaine date t et vert ou pas observé avant t et bleu. »
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Par symétrie, on peut considérer l'adjectif « bert » (« bleen » en anglais) signifiant « observé avant une certaine date t et bleu ou pas observé avant t et vert ». Goodman avance alors que si l'observation d'une émeraude verte étaye l'induction logique que « toutes les émeraudes sont vertes », elle étaye de la même manière l'affirmation que « toutes les émeraudes sont vleues ». Il est donc paradoxal que nous soyons …
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Il est malheureusement difficile de trouver un exposé suffisamment clair et précis de la question dans la littérature. De nombreux auteurs rapportent ce paradoxe en choisissant arbitrairement une date future pour t. Par exemple,
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« vert jusqu'au 31 décembre 2999 à minuit, et bleu ensuite. »
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Toutefois l'emploi d'une date prédéfinie (et non d'une durée) a son importance pour le physicien. Celui-ci peut alors argumenter que la probabilité d'un événement à une date prédéfinie est nulle. Par conséquent, la possibilité d'existence d'un objet vleu devient nulle également[pas clair]. Il faut alors plutôt formuler par exemple
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« vert avant l'an 3000, devient rapidement bleu ensuite. »
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Pour la physique, cette dernière définition est radicalement différente de la définition initiale.
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Par ailleurs, le sens de « toutes les émeraudes sont vertes » est ambigu car cette phrase a deux interprétations :
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« toutes les émeraudes sont vertes maintenant » ;
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« toutes les émeraudes sont vertes de tout temps ».
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Il est crucial de remarquer que l'observation de la totalité des émeraudes ne permet d'induire aucune de ces deux possibilités. Pourtant on induira aisément que « toutes les émeraudes sont vertes ». Ce nouveau paradoxe montre le caractère vain d'une discussion hors d'un cadre formel.
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Les réseaux bayésiens permettent de modéliser le paradoxe en ouvrant les probabilités a priori sous-jacentes. La probabilité qu'une émeraude soit verte et le reste dépend de deux choses : le nombre d'émeraudes observées et la probabilité qu'un minéral d'une couleur donnée le reste. La probabilité qu'une émeraude soit vleue dépend de la stabilité observée de la couleur des minéraux dans le monde considéré.
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Hume puis Goodman avancèrent que nous justifions nos inductions par « la coutume et l'habitude »,. Celles-ci nous portent à préférer « vert » plutôt que « vleu ». La plus grande partie du débat porte alors sur la question de savoir si les termes « vleu » et « bert » sont assignables, c'est-à-dire, s'il est légitime de les prendre en considération.
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Goodman et Yael Cohen raisonnèrent sur une expérience de pensée anthropologique d'un monde dual où une tribu, possédant les mots familiers « vleu » et « bert », considérerait les mots « bleu » et « vert ». (Voir aussi Le Cru et le Cuit).
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Le débat philosophique autour de l'induction omet que l'extrapolation n'est pas affaire que d'induction, mais d'un mouvement permanent entre induction et déduction : nous observons peu d'objets *minéraux* qui changent de couleur à une date précise et en induisons que le phénomène est rarissime. S'il est rarissime, nous en déduisons que le changement de couleur de ce type de gemme à une date donnée le sera aussi jusqu…
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Le degré de confiance que nous mettons dans la proposition « toutes les émeraudes sont vertes » ne dépend pas seulement d'un nombre d'observations d'émeraudes vertes (voir Paradoxe de Hempel), ni du nombre de minéraux changeant rarement de couleur. La question relève aussi de la physique. Pourquoi pouvons-nous affirmer, induire ou encore avancer que « toutes les émeraudes sont vertes » ? Pourquoi nous ne pouvons pas …
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Puisque nous ne disposons d'aucun argument prouvant ou réfutant le caractère vleu de chaque émeraude, le rasoir d'Occam plaide pour la priorité à « toutes les émeraudes sont vertes »[réf. nécessaire].
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Une hypothèse importante (induite) de la physique est l'intemporalité de ses lois : les lois fondamentales de la structure des matériaux (notamment des émeraudes) sont supposées connues, car confortées :
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par un nombre important d'expériences en cristallographie,
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par une théorie sous-jacente ayant elle-même permis d'établir des faits nouveaux avant expérimentation
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Le fait que toutes les émeraudes soient vertes confirme aussi qu’elles sont « vleues », car quelle certitude avons-nous sur la couleur des émeraudes au XXXe siècle ? Seront-elles bleues ou resteront-elles vertes ?
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Pour établir un modèle du monde, nous devons admettre la stabilité de nos observations, au risque de nous tromper parfois, comme en dénigrant jadis le concept alchimique de transmutation, vérifié pourtant dans le phénomène de la désintégration radioactive. Pour disposer d'un système du monde fiable, perméable à une compréhension logique, on ne peut accepter l'idée d'un changement imprévisible où il faudrait alors s'e…
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La radioactivité semble déroger au rasoir d'Occam : si la plupart des éléments restent indéfiniment ce qu'ils sont (aux transformations chimiques près), certains éléments (les isotopes radioactifs) changent soudain de nature, par désintégration radioactive, comme l'hypothétique émeraude « vleue » de Goodman changerait inopinément de couleur. Cette analogie entre les paradoxes de Hempel (existence d'isotopes, « variét…
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Colin Howson et Peter Urbach, Scientific Reasoning: The Bayesian Approach, La Salle, Illinois, Open Court, 1989
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Problème de l'induction
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Nominalisme
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Philippe Boulanger et Alain Cohen, Le trésor des paradoxes, éd. Belin, 2007.
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Nicholas Falletta, Le livre des paradoxes, ed. Diderot, 1998. (ISBN 2-84352-100-9).
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Paul Franceschi, Une solution pour le paradoxe de Goodman, Dialogue, vol.40, 2001, pp. 99-123.
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Ian Hacking, Le plus pur nominalisme. L'énigme de Goodman, « vleu » et usages de « vleu », éd. l'Eclat.
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LCCN
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Israël
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Notices d'autorité :
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Portail de la logique
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Portail de la philosophie analytique
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Le paradoxe de Goodman, ou paradoxe du « vleu-bert », ou encore paradoxe de l'émeraude « vleue » est énoncé par Nelson Goodman en 1946, puis repris en 1955 dans son ouvrage Faits, fictions et prévisions (en). Ce paradoxe est un approfondissement du paradoxe…
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Goodman inventa l'adjectif « vleu » (« grue » en anglais) signifiant:
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Les réseaux bayésiens permettent de modéliser le paradoxe en ouvrant les probabilités a priori sous-jacentes. La probabilité qu'une émeraude soit verte et le reste dépend de deux choses : le nombre d'émeraudes observées et la probabilité qu'un minéral d'une…
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Hume puis Goodman avancèrent que nous justifions nos inductions par « la coutume et l'habitude ». Celles-ci nous portent à préférer « vert » plutôt que « vleu ». La plus grande partie du débat porte alors sur la question de savoir si les termes « vleu » et «…
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Le paradoxe de Goodman, ou paradoxe du « vleu-bert », ou encore paradoxe de l'émeraude « vleue » est énoncé par Nelson Goodman en 1946, puis repris en 1955 dans son ouvrage Faits, fictions et prévisions (en). Ce paradoxe est un approfondissement du paradoxe de Hempel. Il a beaucoup contribué à alimenter le débat autour de l'induction. Il a notamment été étudié par Yael Cohen, Alfred Ayer, Nathan Stemmer, Lin Chao-Tie…
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Bibliographie
- Philippe Boulanger et Alain Cohen, Le trésor des paradoxes, éd. Belin, 2007. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
- Nicholas Falletta, Le livre des paradoxes, ed. Diderot, 1998. (ISBN 2-84352-100-9). Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
- Paul Franceschi, Une solution pour le paradoxe de Goodman, Dialogue, vol.40, 2001, pp. 99-123. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
- Ian Hacking, Le plus pur nominalisme. L'énigme de Goodman, « vleu » et usages de « vleu », éd. l'Eclat. Non vérifiéNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
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Notes et références
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- Howson et Urbach 1989. ↩
- David Hume et Michel Malherbe, Traité de la nature humaine, Librairie philosophique J. Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques », 2022 (ISBN 978-2-7116-3028-8), Partie III, Section 6↩
- Nelson Goodman, Faits, Fictions et Prédictions, Minuit, 1985 (ISBN 9782707306975, lire en ligne), partie III, chap. 1↩
La connaissance se vérifie
Sources et méthode
- Wikipédia · Paradoxe de Goodman ↗CC-BY-SA-4.0
- Paradoxe de Goodman ↗CC-BY-SA-4.0
Liens externes cités dans le document (6)
- (en) ↗Dans « Présentation » du document source
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- Une solution pour le paradoxe de Goodman ↗Dans « Bibliographie » du document source
- www.wikidata.org ↗Dans « Liens externes » du document source
- LCCN ↗Dans « Liens externes » du document source
- Israël ↗Dans « Liens externes » du document source
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