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Le mot « sacré » vient des mots latins « sacer », « sacra », « sacrum », qui proviennent eux-mêmes du verbe sancio, signifiant « rendre inviolable ». On désigne par conséquent sous le nom sacralisation le fait de survaloriser une personne, un objet, un phénomène ou une idée au point de ressentir leur remise en question comme un interdit ou tabou.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Sacralisation
Issu des Lumières , le monde moderne reprend une bonne part de l'iconographie chrétienne pour véhiculer ses valeurs, en premier lieu la liberté , présentée comme principe inviolable , donc sacré . Ici, le tableau La Liberté ou la Mort , de Jean-Baptiste Regnault , 1795.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×Jean-Baptiste Regnault · CC0Crédits et droits dans les sources ↓

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Que désigne « Sacralisation » ?

Le mot « sacré » est issu du vocabulaire de la religion, on oppose alors le sacré au profane et la sacralisation à la profanation.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

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Le mot « sacré » vient des mots latins « sacer », « sacra », « sacrum », qui proviennent eux-mêmes du verbe sancio, signifiant « rendre inviolable ». On désigne par conséquent sous le nom sacralisation le fait de survaloriser une personne, un objet, un…Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

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Le sacré aujourd'hui

Article détaillé : Le sacré aujourd'hui.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

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La représentation du réel

Dès le XIXe siècle, en 1848 exactement, le philosophe allemand Ludwig Feuerbach écrivait ces mots :Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

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La politique

Dès le début du XIXe siècle, Hegel encense l'État en tant qu'entité au point de lui conférer une valeur spirituelle, voire religieuse : « Tout ce que l'homme est, il le doit à l'État : c'est là que réside son être. Toute sa valeur, toute sa réalité…Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

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La technique

En 1954, dans La Technique ou l'Enjeu du siècle, Jacques Ellul développe l'idée que « le monde » n'est nullement « désenchanté », comme l'affirme Weber, mais seulement « la nature »; et qu'en revanche c'est la technique (par laquelle l'homme a désacralisé la…Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

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Présentation

Issu des Lumières, le monde moderne reprend une bonne part de l'iconographie chrétienne pour véhiculer ses valeurs, en premier lieu la liberté, présentée comme principe inviolable, donc sacré.
Ici, le tableau La Liberté ou la Mort, de Jean-Baptiste Regnault, 1795.
Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×Illustration de la source non affichée : droits de reproduction à vérifier.Consulter les crédits et la source ↓

Le mot « sacré » vient des mots latins « sacer », « sacra », « sacrum », qui proviennent eux-mêmes du verbe sancio, signifiant « rendre inviolable ». On désigne par conséquent sous le nom sacralisation le fait de survaloriser une personne, un objet, un phénomène ou une idée au point de ressentir leur remise en question comme un interdit ou tabou.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

  • La sacralisation peut être interprétée positivement, comme synonyme de sanctification, associée à l'idée d'une divinité ou d'un bien suprême et par conséquent être interprétée comme le contraire de la diabolisation.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • À l'inverse, et d'un point de vue moderniste, la sacralisation peut être assimilée à l'idolâtrie, au fétichisme, à la magie et à la religion ; considérée par conséquent comme relevant de postures « archaïques », « irrationnelles » ou « conservatrices », au sens péjoratif de ces termes[1].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Le mot « sacré » est issu du vocabulaire de la religion, on oppose alors le sacré au profane[2] et la sacralisation à la profanation. Mais ce terme est parfois utilisé hors de tout contexte religieux (le contraire de sacralisation est « sécularisation »). L'article 17 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, par exemple, stipule que « la propriété est un droit inviolable et sacré ». Dans les pratiques officielles, toutefois, le mot est le plus souvent remplacé par d'autres (l'article 2 de la Déclaration, par exemple, invoque des droits « imprescriptibles »). Même lorsque le mot « sacré » n'est pas utilisé, l'idée à laquelle il renvoie est présente dans bon nombre de situations contemporaines, notamment l'organisation du travail. Ainsi, par exemple, le mot « hiérarchie » dérive-t-il du grec ancien hieros, qui signifie « sacré ».Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Le terme « sacré » est en revanche couramment utilisé comme métaphore, lorsqu'il est collectivement et implicitement admis que l'autorité d'une idée ou d'une personne ne sont pas à remettre en question (on désigne par exemple certains acteurs de cinéma de « monstres sacrés ») ou que la réalité d'un phénomène est déclarée irréfutable, donc indiscutable (on parle par exemple de sacralisation de l'enfance[3] ou de sacralisation de la victime[4]).Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Tandis que la sociologie s'attache à valider ou invalider la pertinence d'une permanence du sacré dans les sociétés contemporaines considérées comme laïcisées (c'est-à-dire où l'influence des religions est sinon niée du moins relativisée), la psychologie s'intéresse au processus de sacralisation : dans quelle mesure celui qui sacralise est-il conscient qu'il sacralise et quel sens donne-t-il alors à son attitude ?Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Le sacré aujourd'hui

Article détaillé : Le sacré aujourd'hui.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Il est d'usage répandu d'associer le terme « sacré » aux pratiques religieuses et de considérer que, sous l'impulsion des Lumières, notamment, « l'homme moderne » ne sacralise plus rien. C'est ce que tend à penser, en 1917, le sociologue allemand Max Weber. Il avance en effet la thèse que, poussée par un désir de rationaliser toujours plus les comportements, la bourgeoisie du XVIIIe siècle, notamment celle issue du protestantisme, a « désenchanté le monde »[5]. Un siècle plus tard, et de façon plus péremptoire, le sociologue italien Sabino Acquaviva utilise le terme « dissacration » pour signifier que la société industrielle provoque inévitablement chez les individus la perte du sens du sacré[6].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Cette approche n'est cependant pas partagée par tous. Ainsi, en 1939, Roger Caillois soutient l'idée d'une permanence du sacré, au travers notamment de phénomènes tels que la guerre ou la fête[7]. En 1957, Mircea Eliade estime que la religion ne doit pas être interprétée uniquement comme « une croyance en des divinités », mais comme une « expérience du sacré ». Celle-ci est selon lui intemporelle et il n'y a aucune raison pour qu'elle ne s'éprouve pas dans les temps modernes[8].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Trois facteurs sont alors principalement désignés comme investis de sacré : la représentation du réel, la politique et la technique.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

La représentation du réel

FeuerbachNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×August Weger · Public domainCrédits et droits dans les sources ↓

Dès le XIXe siècle, en 1848 exactement, le philosophe allemand Ludwig Feuerbach écrivait ces mots :Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

« Et sans doute notre temps préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être. Ce qui est sacré pour lui, ce n’est que l’illusion, mais ce qui est profane, c’est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l’illusion croît, si bien que le comble de l’illusion est aussi pour lui le comble du sacré[9]. »Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Reprenant lui-même ce propos, dès les premières pages de son livre, La Société du Spectacle, en 1967, le philosophe français Guy Debord avance qu'en avalisant l'idéologie capitaliste, les humains en viennent à « fétichiser les marchandises », si bien que la société n'est plus alors qu'une fiction, le « spectacle » d'un fantasme collectif.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

La politique

Dès le début du XIXe siècle, Hegel encense l'État en tant qu'entité au point de lui conférer une valeur spirituelle, voire religieuse : « Tout ce que l'homme est, il le doit à l'État : c'est là que réside son être. Toute sa valeur, toute sa réalité spirituelle, il ne les a que par l'État. » (La Raison dans l'histoire) ; « L’État est l’Idée divine telle qu’elle existe sur terre » (Leçons sur la philosophie de l'histoire).Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Mais ce n'est qu'un siècle plus tard que des intellectuels (tous Allemands ou germanophiles, tels le Français Aron) vont pointer le paradoxe que constitue le caractère religieux de concepts prétendus sécularisés : État, politique, philosophie de l'histoire.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

  • En 1922, Carl Schmitt avance que « tous les concepts prégnants de la théorie moderne de l'État ne sont que des concepts théologiques sécularisés »[10].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • En 1938, Eric Voegelin estime que la modernité s'enracine dans la tentative de faire descendre le paradis sur terre et de faire de l'accès aux moyens du bonheur ici-bas la fin ultime de toute politique[11].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
Raymond AronNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×photo©ErlingMandelmann.ch · CC BY-SA 3.0Crédits et droits dans les sources ↓
  • En 1944, Raymond Aron considère que le long déclin du christianisme en Occident, à partir du XVIIIe siècle, n'a nullement conduit à la disparition du sacré mais à son déplacement dans la sphère politique. Il qualifie ainsi la politique de « religion séculière »[12].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • En 1949, Karl Löwith développe l'idée que les fondements même de la philosophie de l'histoire sont de nature théologique [13].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • En 1957, le psychanalyste suisse Carl Gustav Jung estime que, à l'Ouest comme à l'Est, le fait que les individus espèrent que l'État améliorent leur condition constitue un fait religieux[14].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Par la suite, et jusqu'au XXIe siècle, différents intellectuels reprennent et développent l'idée d'une permanence du sacré et des présupposés religieux dans les prises de position valorisant la modernité.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Constatant que l'activité politique répond à des impératifs de mise en scène (compte tenu du fait qu'elle ne peut plus s'exercer indépendamment du pouvoir médiatique), certains chercheurs estiment qu'elle s'inscrit dans le cadre d'un processus de sacralisation à part entière[15].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Et invitant à dépasser le clivage traditionnel entre pensée judéo-chrétienne et héritage des Lumières, le sociologue Hans Joas affirme quant à lui que ce que l'on appelle « les droits de l'homme » correspond ni plus ni moins à une sacralisation de l'individu[16].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

La technique

En 1954, dans La Technique ou l'Enjeu du siècle, Jacques Ellul développe l'idée que « le monde » n'est nullement « désenchanté », comme l'affirme Weber, mais seulement « la nature »; et qu'en revanche c'est la technique (par laquelle l'homme a désacralisé la nature au nom de l'idéologie du progrès et qui devient « un nouvel environnement », à la place de la nature) qui est désormais sacralisée :Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

« Le sentiment du sacré et le sens du secret sont des éléments sans lesquels l'homme ne peut absolument pas vivre, les psychanalystes sont d'accord là-dessus. Or l'invasion technique désacralise le monde[17] dans lequel l'homme est appelé à vivre. Pour la technique, il n'y pas de sacré, il n'y a pas de mystère, il n'y a pas de tabou. Et cela provient justement du (fait qu'elle est devenue un phénomène autonome). (…) La technique est désacralisante car elle montre, par l'évidence et non par la raison (…) que le mystère n'existe pas. (…) L'homme qui vit dans le milieu technique sait bien qu'il n'y a plus de spirituel nulle part. Et cependant, nous assistons à un étrange renversement ; l'homme ne pouvant vivre sans sacré, il reporte son sens du sacré sur cela même qui a (désacralisé la nature) : la technique. Dans le monde où nous sommes, c'est la technique qui est devenu le mystère essentiel[18]. »Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Jacques EllulNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×Illustration de la source non affichée : droits de reproduction à vérifier.Consulter les crédits et la source ↓

En 1973, Jacques Ellul réaffirme sa thèse de la sacralisation de la technique mais pose également celle de l'État, au motif que c'est lui qui rend légitime l'essor de la technique :Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

« Ce n'est pas la technique qui nous asservit mais le sacré transféré à la technique, qui nous empêche d'avoir une fonction critique et de la faire servir au développement humain. Ce n'est pas l'État qui nous asservit, même policier et centralisateur, c'est sa transfiguration sacrale[19],[20]. »Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Il précise que si « le sacré transféré à la technique » est « asservissant », c'est uniquement parce que « l'homme moderne » est inconscient de transférer quoi que ce soit[21]. La cause en est que la technique et l'État sont devenus des « processus autonomes », inviolables (jamais remis en cause) et la conséquence est… qu'ils le sont de plus en plus : cet « homme moderne » est constamment contraint de s'y adapter.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Dans le sillage des analyses elluliennes, certains militants technocritiques estiment au XXIe siècle que si le capitalisme reste une idéologie à la fois très prégnante et, en même temps, globalement aussi peu contestée qu'aux temps de Marx, c'est parce qu'il est lui-même entièrement construit sur l'idéologie technicienne mais que cette indexation reste globalement et fondamentalement impensée, car opérant depuis l'inconscient :Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

« Le sacré… quel est aujourd'hui l'économiste qui introduit cette notion dans le cadre de ses diagnostics ? Qui aujourd'hui est prêt à prendre au sérieux l'idée que "l'homme moderne" puisse sacraliser quoi que ce soit ? Même un Marcel Gauchet (l'un des rares penseurs d'aujourd'hui à inscrire ses analyses du présent dans le temps long et à penser le politique comme participant d'une continuité avec le religieux) conclut au désenchantement du monde. En définitive, ce n'est pas le monde dans sa globalité qui est désacralisé mais seulement la nature (notre environnement pollué en est la preuve) tandis que c'est l'instrument même de cette désacralisation, la technique, qui – au fil d'un jeu de chaises finement décrit par Ellul à travers son œuvre – est devenu l'objet tabou par excellence : incritiquable donc immaîtrisable [22]. »Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Chercheur en histoire des religions, Amaury Levillayer estime en 2018 que :Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

« les options théoriques du transhumanisme rappellent, toutes proportions gardées, des courants de pensée du christianisme antique. (…) Cette comparaison entre la science informatique et la culture numérique qu’elle produit, d’une part, et la religion, d’autre part, n’est évidemment pas fortuite (…). En s’étendant à l’ensemble des activités humaines sans rencontrer de sérieuses résistances — alors même que des schémas théoriques forts existent pour penser cette résistance —, le numérique semble acquérir un caractère relevant presque du sacré, c’est-à-dire qu’il aurait un impact décisif sur la structure même de notre société[23]. »Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Sacré, croyance, idéologies

Carl Gustav JungNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×Illustration de la source non affichée : droits de reproduction à vérifier.Consulter les crédits et la source ↓

La question de savoir si les contemporains « sacralisent » les êtres, les objets ou les choses, comme il est admis que les générations précédentes le faisaient, pose une autre question, plus fondamentale, celle de savoir s'ils sont ou non conscients qu'ils croient et de ce en quoi ils croient. Ayant étudié l'ouvrage de Rudolf Otto sur le sacré[24] et instruit des échanges avec ses patients, le psychanalyste Carl-Gustav Jung s'attache à démontrer que, fondamentalement, « l'homme moderne » n'est pas foncièrement différent de « l'homme primitif » par le fait que, bien qu'il s'en défende souvent, il continue de croire et de sacraliser.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

S'appuyant sur les massacres et destructions advenus lors des deux guerres mondiales, il affirme que les idéologies qui en ont été la cause correspondent à des vagues de sacralisation (le nationalisme, par exemple, étant la sacralisation de la nation)[25] et que seule une « dialectique du moi et de l'inconscient », c'est-à-dire un dialogue permanent des hommes avec leurs phantasmes, serait à même de démontrer une quelconque supériorité de « l'homme moderne » sur « l'homme primitif »[26] et d'apaiser les rapports qu'il entretient avec lui-même et autrui.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Différents penseurs qualifient du reste les idéologies de « religions séculières » (expression forgée par Raymond Aron en 1944[27]) et considèrent celles-ci comme inévitablement génératrices de conflit : « Entre les religions séculières et les religions révélées, il y a une différence radicale : les religions séculières absolutisent l'immanent. Dans les religions révélées, il y a la présence d'une transcendance. Et tant qu'il y a une transcendance, les hommes restent des frères »[28].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

La sacralisation se distingue donc de la consécration, qui est une action consciente et assumée, officiée de façon rituelle par des personnes mandatées pour cela (par exemple des prêtres) et se référant explicitement à une transcendance. Elle peut certes être assimilée à une manifestation de sacralisation mais cette dernière est un phénomène plus large, pouvant s'exprimer de façon inconsciente par n'importe qui et en dehors de tout circuit religieux traditionnel (religion révélée) mais en revanche dans le cadre d'une religion séculière[29].Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Un phénomène psychosocial

La sacralisation est un phénomène psychosocial, à la fois singulier et collectif :Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

  • singulier (ou psychologique), au sens où sacraliser revient à transférer un contenu de l'inconscient sur une personne, un objet… puis à conférer à cette personne ou cet objet une importance extrême ;Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • collectif (ou sociologique), au sens où c'est une collectivité, parfois tout un peuple, qui en vient à projeter un même fantasme sur une même personne ou un même objet. L'exemple le plus révélateur du XXe siècle est celui du nazisme, où le dictateur était salué par le mot « heil », du mot « heilig » qui signifie « sacré ».Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
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  1. Que désigne « Sacralisation » ? — Non vérifiéLe mot « sacré » est issu du vocabulaire de la religion, on oppose alors le sacré au profane et la sacralisation à la profanation.

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  2. Passage de cet article — Non vérifiéLe sacré aujourd'hui

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  3. Passage de cet article — Non vérifiéIssu des Lumières, le monde moderne reprend une bonne part de l'iconographie chrétienne pour véhiculer ses valeurs, en premier lieu la liberté, présentée comme principe inviolable, donc sacré. Ici, le tableau La Liberté ou la Mort, de Jean-Baptiste Regnault, 1795.

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  4. Passage de cet article — Non vérifiéLe mot « sacré » vient des mots latins « sacer », « sacra », « sacrum », qui proviennent eux-mêmes du verbe sancio, signifiant « rendre inviolable ». On désigne par conséquent sous le nom sacralisation le fait de survaloriser une personne, un objet, un phénomène ou une idée au point de ressentir leur remise en question comme un interdit ou tabou.

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  5. Passage de cet article — Non vérifiéLa sacralisation peut être interprétée positivement, comme synonyme de sanctification, associée à l'idée d'une divinité ou d'un bien suprême et par conséquent être interprétée comme le contraire de la diabolisation.

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  6. Passage de cet article — Non vérifiéÀ l'inverse, et d'un point de vue moderniste, la sacralisation peut être assimilée à l'idolâtrie, au fétichisme, à la magie et à la religion ; considérée par conséquent comme relevant de postures « archaïques », « irrationnelles » ou « conservatrices », au sens péjoratif de ces termes.

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  7. Passage de cet article — Non vérifiéLe mot « sacré » est issu du vocabulaire de la religion, on oppose alors le sacré au profane et la sacralisation à la profanation. Mais ce terme est parfois utilisé hors de tout contexte religieux (le contraire de sacralisation est « sécularisation »). L'article 17 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, par exemple, stipule que « la propriété est un droit inviolable et sacré ». Dans les pratiq…

    Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.

  8. Passage de cet article — Non vérifiéLe terme « sacré » est en revanche couramment utilisé comme métaphore, lorsqu'il est collectivement et implicitement admis que l'autorité d'une idée ou d'une personne ne sont pas à remettre en question (on désigne par exemple certains acteurs de cinéma de « monstres sacrés ») ou que la réalité d'un phénomène est déclarée irréfutable, donc indiscutable (on parle par exemple de sacralisation de l'enfance ou de sacralis…

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  9. Passage de cet article — Non vérifiéTandis que la sociologie s'attache à valider ou invalider la pertinence d'une permanence du sacré dans les sociétés contemporaines considérées comme laïcisées (c'est-à-dire où l'influence des religions est sinon niée du moins relativisée), la psychologie s'intéresse au processus de sacralisation : dans quelle mesure celui qui sacralise est-il conscient qu'il sacralise et quel sens donne-t-il alors à son attitude ?

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  10. Passage de cet article — Non vérifiéArticle détaillé : Le sacré aujourd'hui.

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  11. Passage de cet article — Non vérifiéIl est d'usage répandu d'associer le terme « sacré » aux pratiques religieuses et de considérer que, sous l'impulsion des Lumières, notamment, « l'homme moderne » ne sacralise plus rien. C'est ce que tend à penser, en 1917, le sociologue allemand Max Weber. Il avance en effet la thèse que, poussée par un désir de rationaliser toujours plus les comportements, la bourgeoisie du XVIIIe siècle, notamment celle issue du p…

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  12. Passage de cet article — Non vérifiéCette approche n'est cependant pas partagée par tous. Ainsi, en 1939, Roger Caillois soutient l'idée d'une permanence du sacré, au travers notamment de phénomènes tels que la guerre ou la fête. En 1957, Mircea Eliade estime que la religion ne doit pas être interprétée uniquement comme « une croyance en des divinités », mais comme une « expérience du sacré ». Celle-ci est selon lui intemporelle et il n'y a aucune rais…

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  13. Passage de cet article — Non vérifiéTrois facteurs sont alors principalement désignés comme investis de sacré : la représentation du réel, la politique et la technique.

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  14. Passage de cet article — Non vérifiéFeuerbach

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  15. Passage de cet article — Non vérifiéDès le XIXe siècle, en 1848 exactement, le philosophe allemand Ludwig Feuerbach écrivait ces mots :

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  16. Passage de cet article — Non vérifié« Et sans doute notre temps préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être. Ce qui est sacré pour lui, ce n’est que l’illusion, mais ce qui est profane, c’est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l’illusion croît, si bien que le comble de l’illusion est aussi pour lui le comble du sacré. »

    Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.

  17. Passage de cet article — Non vérifiéReprenant lui-même ce propos, dès les premières pages de son livre, La Société du Spectacle, en 1967, le philosophe français Guy Debord avance qu'en avalisant l'idéologie capitaliste, les humains en viennent à « fétichiser les marchandises », si bien que la société n'est plus alors qu'une fiction, le « spectacle » d'un fantasme collectif.

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  18. Passage de cet article — Non vérifiéDès le début du XIXe siècle, Hegel encense l'État en tant qu'entité au point de lui conférer une valeur spirituelle, voire religieuse : « Tout ce que l'homme est, il le doit à l'État : c'est là que réside son être. Toute sa valeur, toute sa réalité spirituelle, il ne les a que par l'État. » (La Raison dans l'histoire) ; « L’État est l’Idée divine telle qu’elle existe sur terre » (Leçons sur la philosophie de l'histoi…

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  19. Passage de cet article — Non vérifiéMais ce n'est qu'un siècle plus tard que des intellectuels (tous Allemands ou germanophiles, tels le Français Aron) vont pointer le paradoxe que constitue le caractère religieux de concepts prétendus sécularisés : État, politique, philosophie de l'histoire.

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  20. Passage de cet article — Non vérifiéEn 1922, Carl Schmitt avance que « tous les concepts prégnants de la théorie moderne de l'État ne sont que des concepts théologiques sécularisés ».

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  21. Passage de cet article — Non vérifiéEn 1938, Eric Voegelin estime que la modernité s'enracine dans la tentative de faire descendre le paradis sur terre et de faire de l'accès aux moyens du bonheur ici-bas la fin ultime de toute politique.

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  22. Passage de cet article — Non vérifiéRaymond Aron

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  23. Passage de cet article — Non vérifiéEn 1944, Raymond Aron considère que le long déclin du christianisme en Occident, à partir du XVIIIe siècle, n'a nullement conduit à la disparition du sacré mais à son déplacement dans la sphère politique. Il qualifie ainsi la politique de « religion séculière ».

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  24. Passage de cet article — Non vérifiéEn 1949, Karl Löwith développe l'idée que les fondements même de la philosophie de l'histoire sont de nature théologique .

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  25. Passage de cet article — Non vérifiéEn 1957, le psychanalyste suisse Carl Gustav Jung estime que, à l'Ouest comme à l'Est, le fait que les individus espèrent que l'État améliorent leur condition constitue un fait religieux.

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  26. Passage de cet article — Non vérifiéPar la suite, et jusqu'au XXIe siècle, différents intellectuels reprennent et développent l'idée d'une permanence du sacré et des présupposés religieux dans les prises de position valorisant la modernité.

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  27. Passage de cet article — Non vérifiéConstatant que l'activité politique répond à des impératifs de mise en scène (compte tenu du fait qu'elle ne peut plus s'exercer indépendamment du pouvoir médiatique), certains chercheurs estiment qu'elle s'inscrit dans le cadre d'un processus de sacralisation à part entière.

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  28. Passage de cet article — Non vérifiéEt invitant à dépasser le clivage traditionnel entre pensée judéo-chrétienne et héritage des Lumières, le sociologue Hans Joas affirme quant à lui que ce que l'on appelle « les droits de l'homme » correspond ni plus ni moins à une sacralisation de l'individu.

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  29. Passage de cet article — Non vérifiéEn 1954, dans La Technique ou l'Enjeu du siècle, Jacques Ellul développe l'idée que « le monde » n'est nullement « désenchanté », comme l'affirme Weber, mais seulement « la nature »; et qu'en revanche c'est la technique (par laquelle l'homme a désacralisé la nature au nom de l'idéologie du progrès et qui devient « un nouvel environnement », à la place de la nature) qui est désormais sacralisée :

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  30. Passage de cet article — Non vérifié« Le sentiment du sacré et le sens du secret sont des éléments sans lesquels l'homme ne peut absolument pas vivre, les psychanalystes sont d'accord là-dessus. Or l'invasion technique désacralise le monde dans lequel l'homme est appelé à vivre. Pour la technique, il n'y pas de sacré, il n'y a pas de mystère, il n'y a pas de tabou. Et cela provient justement du (fait qu'elle est devenue un phénomène autonome). (…) La t…

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  31. Passage de cet article — Non vérifiéJacques Ellul

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  32. Passage de cet article — Non vérifiéEn 1973, Jacques Ellul réaffirme sa thèse de la sacralisation de la technique mais pose également celle de l'État, au motif que c'est lui qui rend légitime l'essor de la technique :

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  33. Passage de cet article — Non vérifié« Ce n'est pas la technique qui nous asservit mais le sacré transféré à la technique, qui nous empêche d'avoir une fonction critique et de la faire servir au développement humain. Ce n'est pas l'État qui nous asservit, même policier et centralisateur, c'est sa transfiguration sacrale,. »

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  34. Passage de cet article — Non vérifiéIl précise que si « le sacré transféré à la technique » est « asservissant », c'est uniquement parce que « l'homme moderne » est inconscient de transférer quoi que ce soit. La cause en est que la technique et l'État sont devenus des « processus autonomes », inviolables (jamais remis en cause) et la conséquence est… qu'ils le sont de plus en plus : cet « homme moderne » est constamment contraint de s'y adapter.

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  35. Passage de cet article — Non vérifiéDans le sillage des analyses elluliennes, certains militants technocritiques estiment au XXIe siècle que si le capitalisme reste une idéologie à la fois très prégnante et, en même temps, globalement aussi peu contestée qu'aux temps de Marx, c'est parce qu'il est lui-même entièrement construit sur l'idéologie technicienne mais que cette indexation reste globalement et fondamentalement impensée, car opérant depuis l'in…

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  36. Passage de cet article — Non vérifié« Le sacré… quel est aujourd'hui l'économiste qui introduit cette notion dans le cadre de ses diagnostics ? Qui aujourd'hui est prêt à prendre au sérieux l'idée que "l'homme moderne" puisse sacraliser quoi que ce soit ? Même un Marcel Gauchet (l'un des rares penseurs d'aujourd'hui à inscrire ses analyses du présent dans le temps long et à penser le politique comme participant d'une continuité avec le religieux) concl…

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  37. Passage de cet article — Non vérifiéChercheur en histoire des religions, Amaury Levillayer estime en 2018 que :

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  38. Passage de cet article — Non vérifié« les options théoriques du transhumanisme rappellent, toutes proportions gardées, des courants de pensée du christianisme antique. (…) Cette comparaison entre la science informatique et la culture numérique qu’elle produit, d’une part, et la religion, d’autre part, n’est évidemment pas fortuite (…). En s’étendant à l’ensemble des activités humaines sans rencontrer de sérieuses résistances — alors même que des schéma…

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  39. Passage de cet article — Non vérifiéCarl Gustav Jung

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  40. Passage de cet article — Non vérifiéLa question de savoir si les contemporains « sacralisent » les êtres, les objets ou les choses, comme il est admis que les générations précédentes le faisaient, pose une autre question, plus fondamentale, celle de savoir s'ils sont ou non conscients qu'ils croient et de ce en quoi ils croient. Ayant étudié l'ouvrage de Rudolf Otto sur le sacré et instruit des échanges avec ses patients, le psychanalyste Carl-Gustav J…

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  41. Passage de cet article — Non vérifiéS'appuyant sur les massacres et destructions advenus lors des deux guerres mondiales, il affirme que les idéologies qui en ont été la cause correspondent à des vagues de sacralisation (le nationalisme, par exemple, étant la sacralisation de la nation) et que seule une « dialectique du moi et de l'inconscient », c'est-à-dire un dialogue permanent des hommes avec leurs phantasmes, serait à même de démontrer une quelcon…

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  42. Passage de cet article — Non vérifiéDifférents penseurs qualifient du reste les idéologies de « religions séculières » (expression forgée par Raymond Aron en 1944) et considèrent celles-ci comme inévitablement génératrices de conflit : « Entre les religions séculières et les religions révélées, il y a une différence radicale : les religions séculières absolutisent l'immanent. Dans les religions révélées, il y a la présence d'une transcendance. Et tant …

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  43. Passage de cet article — Non vérifiéLa sacralisation se distingue donc de la consécration, qui est une action consciente et assumée, officiée de façon rituelle par des personnes mandatées pour cela (par exemple des prêtres) et se référant explicitement à une transcendance. Elle peut certes être assimilée à une manifestation de sacralisation mais cette dernière est un phénomène plus large, pouvant s'exprimer de façon inconsciente par n'importe qui et en…

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  44. Passage de cet article — Non vérifiéLa sacralisation est un phénomène psychosocial, à la fois singulier et collectif :

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  45. Passage de cet article — Non vérifiésingulier (ou psychologique), au sens où sacraliser revient à transférer un contenu de l'inconscient sur une personne, un objet… puis à conférer à cette personne ou cet objet une importance extrême ;

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  46. Passage de cet article — Non vérifiécollectif (ou sociologique), au sens où c'est une collectivité, parfois tout un peuple, qui en vient à projeter un même fantasme sur une même personne ou un même objet. L'exemple le plus révélateur du XXe siècle est celui du nazisme, où le dictateur était salué par le mot « heil », du mot « heilig » qui signifie « sacré ».

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  47. Passage de cet article — Non vérifié(classement par ordre chronologique)

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  48. Passage de cet article — Non vérifiéSabino Acquaviva, L’Éclipse du sacré dans la civilisation industrielle, Mame, Tours, 1967.

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  49. Passage de cet article — Non vérifiéRégis Debray, Jeunesse du sacré, Gallimard, Hors série Connaissance, 19 janvier 2012.

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  50. Passage de cet article — Non vérifiéRené Girard, La Violence et le Sacré, Grasset, 1972.

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Voir aussi

Bibliographie

(classement par ordre chronologique)Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

  • Sabino Acquaviva, L’Éclipse du sacré dans la civilisation industrielle, Mame, Tours, 1967.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • Régis Debray, Jeunesse du sacré, Gallimard, Hors série Connaissance, 19 janvier 2012.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • René Girard, La Violence et le Sacré, Grasset, 1972.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • Jacques Ellul, Les nouveaux possédés, 1973 ; réédition : Le cherche-midi, 2003.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • Roberto Cipriani, Sécularisation ou retour du sacré ? , dans Archives de sciences sociales des religions, éd. du C.N.R.S., no 52, Paris, octobre-décembre 1981.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • Ysé Tardan-Masquelier, Jung et la question du sacré, Albin Michel, 1998.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • Alain Dierkens et Jacques Marx, La sacralisation du pouvoir : Images et mises en scène, Université de Bruxelles, 2004.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • Jean-Pierre Dupuy, La Marque du sacré, Carnets Nord, 2009.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Articles connexes

  • AdorationNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • ConsécrationNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • Crise modernisteNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
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  • SacréNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • SécularisationNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×
  • TranscendanceNon vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Liens externes

  • Gabriel Vahanian, « Sacré, technique et société » dans Sur Jacques Ellul, L’Esprit du temps, 1994. Texte en ligne.Non vérifié Aucun résultat de vérification valable pour cette version du passage n’est disponible. Cela ne signifie pas que son contenu est faux.×

Notes et références

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Références 1 à 25
  1. Nicolas Le Dévédec, Entre la sacralisation de la vie et l’essentialisation de la nature humaine : un examen critique du bioconservatisme, Politique et Sociétés, vol. 36, no 1, 2017, p. 47-63↩
  2. Selon le sociologue Émile Durkheim (Les Formes élémentaires de la vie religieuse, 1912) sont sacrées les « choses que les interdits protègent et isolent », et profanes « celles auxquelles ces interdits s'appliquent et qui doivent rester à l'écart des premières ».↩
  3. Nicoleta Diasio, Sacralisation de l’enfant et remise en cause de l’autorité des parents, Revue des sciences sociales, no 41, 2009↩
  4. Tzvetan Todorov, Du culte de la différence à la sacralisation de la victime, revue Esprit, juin 1995↩
  5. Max Weber, Le Savant et le politique, nouvelle traduction par Catherine Colliot-Thélène, La Découverte/poche 2003, p. 83.↩
  6. Sabino Acquaviva, L’éclipse du sacré dans la civilisation industrielle, Mame, Tours, 1967↩
  7. Roger Caillois : L'Homme et le sacré, 1939; texte remanié et complété de trois études en 1950 ; dernière réédition : Gallimard, Folio essais, 2002↩
  8. Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane, Éditions Gallimard, Paris, 1956↩
  9. Ludwig Feuerbach, préface à la deuxième édition de L'Essence du christianisme, 1848↩
  10. Carl Schmitt, Politische Theologie. Vier Kapitel zur Lehre von der Souveränität, 1922. Trad. fr. Théologie politique, Gallimard, 1988↩
  11. Eric Voegelin, Die politischen Religionen, 1938 ; trad. fr. et préf. par Jacob Schmutz, Les Religions politiques, Paris, Le Cerf, 1994.↩
  12. Raymond Aron, L’Avenir des religions séculières, 1944↩
  13. Karl Löwith, Meaning in History, 1949) ; trad. fr. Histoire et Salut. Les présupposés théologiques de la philosophie de l'histoire, Gallimard, 2002.↩
  14. Carl Gustav Jung, Gegenwart und Zukunft, 1957. Trad. fr. Présent et avenir, Denoël, 1962↩
  15. Alain Dierkens, Jacques Marx, La sacralisation du pouvoir. Images et mises en scène, éditions de l’Université libre de Bruxelles, Bruxelles, 2003. Compte rendu de Dominique Trimbur dans la Revue de l'histoire des religions, 2006↩
  16. Hans Joas, Comment la personne est devenue sacrée, Labor et Fides, 2016↩
  17. Pour évacuer toute ambiguïté, c'est de « la nature » à laquelle Ellul se réfère ici, et non « le monde » dans son intégralité ; d'autant plus que l'univers des villes est un milieu déjà grandement technicisé.↩
  18. Jacques Ellul, La Technique ou l'Enjeu du siècle, 1954 ; réédition : Economica, 2008, p. 130-132.↩
  19. Jacques Ellul, Les nouveaux possédés, 1973 ; réédition : Le cherche-midi, 2003, p. 316↩
  20. Sur la place de l'État dans le processus de sacralisation de la technique, lire ce qu'en disait Ellul dès 1954, dans le chapitre 4 de La Technique ou l'Enjeu du siècle intitulé « La technique et l'État ».↩
  21. Ellul explique ailleurs les raisons pour lesquelles « l'homme moderne » reste inconscient de ce transfert. Lire Propagandes, 1962. Réel. Economica, coll. « classiques des sciences sociales », 2008, p. 158.↩
  22. Joël Decarsin, Définanciariser l'économie ? La véritable révolution intellectuelle, Le Monde, 19 décembre 2011↩
  23. Amaury Levillayer, Compostelle et le transhumanisme, Le Monde diplomatique, octobre 2018, p. 2↩
  24. Rudolf Otto, Le sacré ; édition originale : 1917 ; dernière traduction en français : Payot, 1995↩
  25. Carl Gustav Jung, Présent et avenir, édition originale, 1957 ; dernière édition en français : Le Livre de Poche, 1995↩
Références 26 à 29
  1. Carl Gustav Jung, Dialectique du moi et de l'inconscient, dernière édition : Gallimard, Folio/Essais, 1986↩
  2. Jean-Pierre Sironneau, Sécularisation et religions politiques, De Gruyter, 1982, p. 205↩
  3. Julien Ries, « Les religions séculières dans la société d'aujourd'hui », Revue théologique de Louvain, vol. 6, no 3, 1975, p. 339↩
  4. Jacques Ellul, Les nouveaux possédés, chap. 5 (« Les religions séculières »).↩

La connaissance se vérifie

Sources et méthode

Texte adapté à partir des sources indiquées. Les contenus Wikipédia et Wiktionnaire sont réutilisés sous CC BY-SA 4.0. Les droits des médias sont précisés séparément. Révision originale et contributeurs ↗

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